Je dois vous dire.J'en ai plus que ma dose.Je suis finie,consumée.J'ai les genoux affaiblies et les dents qui crispent.Je m'échappe l'espace d'un moment,dans une clope ou deux, dans un blog ou deux.Dans un livre.Pour m'en trouver expulsée à chaque instant.Je me cogne brutalement à mon mur violet.Je m'imagine vagabonder,je vois tout s'écrouler,ce genre de choses qui n'arrive qu'aux autres,je les vois se détruire tels des gamins capricieux et je nourris ma nérvose,je ne réagis pas et je refoule,ils me détruisent aussi comment nier.Je ne sais plus que faire de mon corps lourd et négligé alors je lui parle.Je lui parle et lui raconte son histoire.Je lui dis à quel point je le hais.C'est fouttu,vous ne savez pas à quel point.Il ne m'écoute même pas.Personne ne m'écoute.Je me tord de solitude,une heure ou deux,une nuit ou deux.Je fais le détour du téléphone posé quelque part,aussi silencieux que le manque.Quelques noms,aucun n'est réel.Aucun n'est conscient de mon existance.J'arrive à l'un d'eux et je m'arrête.C'est curieux comme tout me revient subitement quand je passe dessus.Tout.La chaleur et les cheveux qui me collent à la nuque.même toutes ses paroles lentes me reviennent.J'ignore ce que ça me fait,J'ignore tout de ça maintenant.Quand j'y pense,c'est un vide cidéral qui me traverse.Même pas de la douleur.c'est autre chose,une chose sans nom.
Je me laisse lentement renverser sur la chaise en plastique et aller à la faiblesse.Regarder le beau spectacle.Le beau gâchis.C'est à chaque fois comme si mes os devenaient tout mous et que je m'écroulais,et raisonnait dans ma tête: c'est fouttu ma vieille,regarde ce qu'ils deviennent, regarde ce que tu deviens.pourquoi tu ne les comprend pas? Comprendre.Quel salaud,comme mot.Qu'est ce que j'en ai à foutre de les comprendre? je ne veux pas les comprendre.je veux juste qu'on me foute la paix.Qu'on me laisse naitre en paix. Je veux voir ce que c'est que cette Vie dont tout le monde parle.Pousser mon premier cris puis me lancer. Je ne veux pas comprendre. Je ne veux pas non plus devoir passer une journée de plus à dormir par peur de me bousiller.
Et puis le voilà qui vient.Il ne comprend pas.Il n'a jamais compris.Il lance ces quelques mots poignants habituels et j'ai envie de lui crier qu'il me soule.Qu'il ne me connait pas et que je n'en ai rien à foutre de ses pseudo-pensées.J'aimerais lui crier qu'il ne sert à rien et qu'il ferait mieux de se regarder avant. Alors je reste silencieuse.je fais lentement rouler le scroll de ma souris.Il continue de begayer ses discours et je me dis: "bordel laisse moi me concentrer.Et mâche moins de Chewing-gum t'as l'air tellement plus con avec.".ça doit faire une dizaine de minutes qu'il gueule.Une dizaine de fenêtres de plus sur mon écran.
Finalement, je fumerai peut être de vraies clops,un de ces jours.